Racine de béton

Une exposition de Louise Gros et Didier Renard

Racine de beton

Exprimer son ressenti sur des propositions artistiques est un exercice périlleux. Périlleux lorsque nous sommes circonspects, périlleux lorsque nous sommes très enthousiastes.
Les travaux de Louise Gros et Didier Renard sont si captivants et d'une telle finesse qu'à une longue déclaration d'amour embarrassante, nous préférons leur laisser la parole :

"Au commencement de mon travail, j'ai cherché dans des détails du corps la force de la sensualité et de l'intimité. Chercher quelque chose de réel et sans fantasme, loin des images pornographiques et érotiques traditionnelles. J'ai découvert que cette force et cette sensualité existent grâce à l'entrelacement des formes : nous la trouvons également dans les fleurs, le végétal, etc. Elle n'a pas besoin de corps comme support. Aujourd'hui, je grave et dessine des fleurs fanées, des écorces d'arbres, des roches, qui incarnent cette même sensualité afin de la libérer de l'iconographie du corps. Je tisse des liens permanents entre textes, poésies et des croquis en gravure de mes voyages, des villes où je vis." (Louise Gros)

"A travers ces images, j’essaye de montrer les masses solitaires des villes, l’instant où l’on distingue la forme sans en percevoir le sens, aussi bien pour les lieux inanimés que les personnages qui les traversent.
On constate une présence, déjà on l’oublie. Cet un lieu fabriqué, un lieu difficilement identifiable mais le tout forme le territoire de ma mémoire, lieux de passage, d’errance, de rencontres (j’y ai arpenté de nombreux endroits, du jardin de mon enfance,
aux forêts sombre et fantomatiques, de routes en chemins, de villes en villages, de courbes en horizons, d’usines en perdition, de visages en halo, de l’opaque au transparent). J’aime que les images perdent quelque chose, de la matière, de la consistance, de la perfection.
Que les bâtiments semblent être le premier jet du créateur, ébauche de dessin au pastel gras plutôt qu’à l’encre de Chine, à main levée plutôt qu’à la latte, taillé dans le brut.
Que les habitants de ces lieux soient de passage, masse indistincte, corps incongrus, de la glaise intemporelle.
Le temps passe, le travail se fait plus précis, cette ville et ses habitants deviennent plus nets, ils gagnent en précisions, au fur et à mesure ils aspirent à être reconnus, vus, compris...
Les vides se meurent, le blanc opaque fait place à la matière dure et dense, la lumière pénètre, brûle, rempli les espaces vides.
Cette ville va exister !" (Didier Renard ; images issues de la série «Hublot»)

Vernissage le vendredi 01 juin dès 18h30
Exposition du 01 juin au 08 septembre 2018

Librairie Entre-Temps
Lu > Ve : 12h30 - 18h30
Samedi : 13h30 - 18h30

Thème: 
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