La Nouvelle Economie Sociale

Bruno Frère - 2010

Analyse

La nouvelle économie sociale ou solidaire : une repolitisation du quotidien ?

On parle beaucoup aujourd’hui dans le monde francophone d’économie solidaire ou de nouvelle économie sociale pour traiter d’une série d’initiatives citoyennes qui entendent aujourd’hui répondre concrètement à une question sur laquelle tout le monde s’accorde sans pour autant joindre la possibilité d’une pratique à une critique convenue : « ce monde est invivable, il faut en rendre un autre possible ». Ces initiatives qui préfèrent, à la beauté des mots, se coltiner la réalité des choses sont rarement recensées en tant que telles. Lorsque l’on parle de cette nouvelle économie sociale ou solidaire, de quoi parle-t-on ? Disons que ces associations ou coopératives se divisent en quatre grandes familles, dont les frontières souvent s’interpénètrent.
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Bien souvent, on envisage ces associations multiformes comme une repolitisation de l’économie, au sens noble du terme. En effet, ces initiatives « solidaires » ne sont jamais référées au “politique” alors même qu’elles traduisent “une citoyenneté modeste, ordinaire”. Il se jouerait là, selon les spécialistes, bien autre chose qu’une simple et fragile stratégie de survie, de débrouille : la gestion de l’espace public où l’on se trouve en lien avec autrui. Ce qui peut-être devient possible, dit-on, « c’est un engagement public de couches dominées qui soient au moins partiellement autonomisées des structures de représentations dominantes » (partis ou syndicats), « l’affranchissement des appartenances et des canaux obligés d’expression, la potentielle inscription du politique au sein même des actions sur le terrain, l’éventualité d’un exercice renouvelé de la démocratie ».

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Thème: 
Divers