Appel à contributions

Cette année, le comité éditorial a décidé de réaliser un dossier thématique consacré à la question du contrôle. À cette occasion, nous souhaitons ouvrir nos pages à d’autres plumes, à d’autres avis, c’est pourquoi nous lançons un appel à contributions extérieures.

Note d'intention

Il est courant d’entendre que nous vivons de plus en plus dans une « société du contrôle » : dispositifs de surveillance, nouvelles technologies, Big Data, monitoring de tous les aspects possibles et imaginables de notre vie quotidienne (alimentation, poids, tension, cycles menstruels, activité sportive, nombre de pas par jour,…),  contrôle des chômeur·euse·s, contrôle des frontières, contrôle de l’alimentation, contrôle du travail social et du secteur associatif, contrôle de la vie et de la mort… Il est clair que le contrôle est omniprésent, et qu’il se manifeste dans l’ensemble des secteurs, pour l’ensemble du vivant, à différents niveaux et sous différentes formes. Mais le contrôle est-il nécessairement négatif, violent, un outil du pouvoir ? À partir de quand considère-t-on que le contrôle est une dérive ? À quoi et à qui sert le contrôle ? Le contrôle est-il intrinsèquement nécessaire à la vie en société ?

Là où le contrôle se fait toujours plus léger pour certain·e·s privilégié·e·s, il semble s’accroître pour une majeure partie des populations. Pour ce dossier, nous avons choisi d’approfondir cette question de l’inégalité face au contrôle par quatre approches :

  1. Le contrôle délétère – exacerbé : particulièrement insidieux, il pèse davantage sur les personnes les plus précaires et les plus exclues, mais également sur
    les classes moyennes. Pensons ici au développement croissant de systèmes de surveillance à destination des bénéficiaires d’allocations et/ou de services
    sociaux (chômage, CPAS, etc.), à la traque des réfugié·e·s, au durcissement de l’accès à certains droits sur base de critères quantitatifs et de justificatifs à
    fournir (extraits bancaires, CV, performances etc.).
  2. Le contrôle mirage – effacé : inexistant pour les plus privilégié·e·s de nos sociétés. Pointons ici, notamment, l’évasion fiscale des grandes puissances
    financières et des grosses fortunes, qui n’est pas – ou peu – régulée, réglementée, réprimée, permettant aux plus riches de s’enrichir en toute impunité.
  3. Le contrôle fantôme – omniprésent : il agit parfois à l’insu des citoyen·ne·s, qui ne sont pas toujours conscient·e·s des données récoltées à leur sujet, de la
    manière dont elles le sont, et des fins auxquelles elles peuvent être utilisées. Ce que l’on appelle le Big Data existe notamment via les géants du Web (les
    fameux « GAFAM ») qui récoltent un tas de données numériques sur l’ensemble des utilisateur·trice·s de leurs services au moyen d’une série d’algorithmes
    parfois obscurs. L’envie est ici d’observer les impacts de ces récoltes de masse, notamment en matière de santé et d’assurances, ou encore de dispositifs sécuritaires. Il nous semble aussi intéressant de mieux comprendre comment fonctionnent les algorithmes, d’ouvrir les boites noires de construction de ceux-ci.
  4. Le contrôle contrôlé – résistance : il représente l’ensemble des moyens développés par les citoyen·ne·s pour lutter contre ces systèmes de contrôle
    omniprésents et croissants. Quelles alternatives existent et/ou pourraient exister pour résister ? Citons ici, à titre d’exemples, les moteurs de recherche
    alternatifs, les logiciels libres, les applications cryptées, qui permettent de ne pas être traqués par les géants du web. Nous pensons aussi aux systèmes
    de solidarité qui se mettent en place pour lutter contre la traque des plus précaires.

Sélection des articles

Pour être retenus, les articles doivent correspondre aux critères suivants :

  • Correspondre à la thématique des inégalités face au contrôle, en approfondissant éventuellement l’une des quatre approches du contrôle (des liens peuvent évidemment être faits entre les quatre axes).
  • Respecter les valeurs de la ligne éditoriale de Barricade et de l’éducation permanente. Les articles doivent apporter un point de vue critique sur la thématique abordée, et être lisibles et compréhensibles pour des personnes non-expertes de la thématique développée (explication des concepts théoriques, contextualisation, vulgarisation,…).
  • Compter au minimum 8 000 signes, et au maximum 20 000 signes, espaces compris.
  • Être inédits : l’analyse ne peut pas avoir été préalablement publiée par ailleurs.
  • Proposer des pistes d’actions, des ressources, des outils aux lecteur·trice·s, pour éviter d’engendrer un sentiment d’impuissance au terme de la lecture.
  • Respecter les règles de mise en forme.
  • Les articles doivent être accompagnés d’une courte présentation de l’auteur·trice et d’une contextualisation de l’approche (d’où je parle et avec quelle « casquette » ?) (maximum 200 signes).

Le comité éditorial se réserve le droit de refuser un texte si celui-ci ne correspond pas à ces critères.

Calendrier

  • 15 juillet 2019 : date limite pour l’envoi des propositions d’articles à l’adresse suivante : dossierthematiqueatbarricade.be
  • 30 août 2019 : communication des décisions aux autrices et auteurs.
  • La parution du dossier est prévue pour l’automne 2019.

Diffusion

Le dossier sera édité en version papier et publié sur le site de Barricade. Il sera également imprimé et mis à disposition du public dans nos locaux et lors d’événements ciblés.

 

Toutes les informations sur cet appel à contributions sont reprises dans ce PDF téléchargeable : https://www.fichier-pdf.fr/2019/05/13/appel-a-contributionscontrole-1/