Prostitution - Qu’apporte la réflexion féministe ?
Une analyse de Nicole Van Enis - 2015

Dans les années 60 Brassens chantait La Complainte des filles de joie :
Bien que ces vaches de bourgeois
Les appell’nt des filles de joie
C’est pas tous les jours qu’elles rigolent
Parole, parole (…) La noce est jamais pour leur fiole
Il mettait de la compassion dans ses paroles mais pas de romantisme. Pas de cette idée que l’amour du prochain puisse passer par un service sexuel rémunéré, encore moins un contrat satisfaisant pour les deux parties. Au contraire, dans les limites des paroles d’une chanson, il appelle à déconsidérer les profiteurs de leurs services et à les appeler « ces vaches de bourgeois ».
A cette époque l’idée de l’amour libre faisait son chemin et le slogan féministe des années 70 « Mon corps m’appartient » n’allait pas tarder à réclamer le droit de disposer de son corps, revendication forte qui visait notamment les droits reproductifs et sexuels des femmes. Désormais les jeunes femmes bénéficient de ces droits comme s’ils étaient naturels.