Exposition "Un Passant"

estampes toutes récentes, de petit format, en gravure, monotype et lithographie

Expo Un passant

Exposition «  un passant  »

Vernissage vendredi 5 décembre 2014 dès 18h
Expo du 6 décembre 2014 au 3 janvier 2015

  • Lundi à vendredi  : 12h30 à 18h30.
  • Samedi  : 13h30 à 18h30.
  • Ouvert le 24 décembre et le 31 décembre de 12h30 à 16h30.
  • Fermé le 25 décembre et le 1 janvier.

«  un passant  » propose des estampes toutes récentes, de petit format, en gravure, monotype et lithographie.

Cet homme là se dit "passant", et son "ouvrage", en effet(s)...ouvre des passages souterrains, indicibles mais indélébiles.

Ce "passant"vient ici graver dans nos rétines, exposer sur nos murs intérieurs, des lézardes intimes toutes en délicatesse, en légèreté... mais non sans une certaine gravité. Et, en tous cas, sans ce trop répandu "art...ifice" qui se dépose souvent sur une obscurité sans profondeur. Ce travail, car c'est de cela qu'il s'"agit", c'est tout le contraire: il pose par la pierre litho, la matrice gravée, ou le support du monotype, la lumière sur le papier.

Le résultat vous rappelle simplement...que vous avez une âme! Et que le chantier est toujours en cours. Le rôle rempli et le défi réussi sont d'oser ouvrir au public cette transformation, ce dé-rangement de l'ordre des choses, en s'exposant dans toute la force de ses fragilités. Et, dans des labyrinthes de traits (en apparence) «  désordonnés  », de nous figurer nos propres "échafaudages": car s'il on peut toujours échafauder une théorie, ici s'échafaude une pratique, dont l'explication peut être superflue, qui troublerait l'effet de cette invitation silencieusement poétique.

Poésie suscitée par ces lignes entrelacées, lignes d'horizon, lignes de fuite, peut être, devant ce monde rude pour les âmes sensibles  ? Traits retenus, ténus, mais qu'on ressent fermement «  tenus  » et dont le résultat est parfois «  furieusement  » bouleversant.

Et puis, au milieu de ces remous, dans un «  assemblage  », toujours, une rencontre... une figure ça et là émerge de l'encre, à qu(o)i se raccrocher  : l'auteur semble nous avoir installé, par souci de délicatesse, ou par le hasard des traces, un lieu «  non dit  », magique, un instant d'équilibre, où reprendre souffle, s'ancrer, se (re)poser... une question?

Une ébauche de réponse surtout, qu'on sent mélangée de passion et de raison: «  Une émotion est une réponse sans question  ». Ces images sont une question qui se pose, s'oppose au silence trop souvent prôné par les brouhaha du monde qui court.

Une "toute petite question encore", comme le dirait le lieutenant Columbo! Juste une tentative d'éclaircissement de l’énigme qui nous propose de devenir, nous aussi, une sorte d’enquêteur d’indicible.

Tout en douceur, mais pas sans férocité, ni sans douleur. Car, sans verser dans la caricature de la vie torturée de créateur (qui ne nous pardonnerait pas cette prise au sérieux), bien au contraire même, on «  sent  » ici une ébauche de réponse toute personnelle et sans prétention, mais pourtant aussi essentielle qu'existentielle: de par sa sincérité légère mais franche, elle vient, comme une accolade, comme une conversation au coin de la rue, "fabriquer" une sorte de partage naturel, sans solennité inutile, et sans prétention de savoir mieux que quiconque où tout cela (retour au chantier, donc) nous mènera...

Comme un rayon de lumière dans l'ombre, on dirait qu'il vient donc nous proposer...ce qu'il cherche lui-même. Profondément intime, donc, ce travail réussit à "toucher", à "chatouiller" l'universel  : notre commun "face à face" avec l'ombre du doute. Et ces traits "marquent" car ils disent, échappant à la modestie de leur auteur: «  voici comment je vois le monde  ». Le geste devient en effet(s) un positionnement, certes éphémère comme le sont ceux de domaine du "sensible" (plutôt que de la lutte)...mais qui nous (r)ouvre à notre humanité souterraine, à la mélodie de la rivière qui serpente dans notre demeure intérieure.

(Tout) cela dit, citons la fulgurance de la vision de Christian Bobin: «  la peinture commence là où les mots s'arrêtent  ». L’estampe aussi.

Chut, donc, trêve de bavardages, si vous ne voulez pas me croire, allez donc y voir...

 

Caroline Quaden

 

http://unpassant2.ultra-book.com

http://www.tacite.be/voir-artiste/?artiste=66

http://www.art-liege.be/artistes.php?uid=284

1passantatvoila.fr

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